Grillon
Au Québec, deux types de grillons se retrouvent régulièrement dans les bâtiments : le grillon domestique (Acheta domesticus), brun jaunâtre, qui recherche la chaleur et peut se maintenir à l’année à l’intérieur, et les grillons des champs (genre Gryllus), noirs et trapus, qui entrent surtout à la fin de l’été et à l’automne, quand les nuits fraîchissent. Dans les deux cas, la nuisance est d’abord sonore : seul le mâle chante, en frottant ses ailes antérieures, et un unique individu caché derrière une plinthe suffit à empêcher toute une maisonnée de dormir. Les dégâts matériels restent limités, même si un grillon peut grignoter tissus et papiers.

Physionomie
- Adulte trapu d’environ 15 à 25 mm selon l’espèce, au corps cylindrique
- Grillon domestique brun jaunâtre, marqué de bandes plus foncées sur la tête
- Grillon des champs noir luisant, plus massif et nettement plus sombre
- Antennes fines et mobiles, souvent aussi longues que le corps
- Pattes postérieures développées pour le saut ; la femelle porte un long oviscapte en forme d’aiguille
Comportement
- Seul le mâle chante, en frottant l’une contre l’autre ses ailes antérieures
- Activité surtout nocturne : le chant s’intensifie une fois la maison silencieuse
- Le chanteur se tait dès qu’on approche, ce qui rend sa localisation difficile
- Attiré le soir par la lumière des portes, des fenêtres et des enseignes
- Se cache le jour dans les endroits sombres : plinthes, fissures, dessous d’appareils, boîtes entreposées
Mode de vie
- Le grillon domestique recherche la chaleur : chaufferies, vides sanitaires, sous-sols près des appareils
- Il peut compléter son cycle et se reproduire à l’année dans un bâtiment chauffé
- Le grillon des champs entre à la fin de l’été et à l’automne, et ne survit pas longtemps dans la maison
- La femelle pond ses œufs dans le sol ou dans des matériaux humides, à l’aide de son oviscapte
- Les grillons des champs n’ont qu’une génération par année, accomplie à l’extérieur
Alimentation
- Omnivores : matières végétales, débris organiques et restes alimentaires
- Autres insectes, vivants ou morts, à l’occasion
- Tissus et papiers, surtout lorsqu’ils sont souillés de nourriture ou de transpiration
- Nourriture pour animaux et denrées sèches laissées à découvert
- Ils recherchent aussi l’humidité, d’où leur présence près des drains et des sous-sols humides
COMPRENDRE, PRÉVENIR, INTERVENIR
Au Québec, la plupart des appels concernant les grillons surviennent de la fin de l’été jusqu’aux premiers gels, lorsque les grillons des champs quittent pelouses et terrains vagues pour chercher un abri plus chaud : garages, vides sanitaires et sous-sols de Montréal et des banlieues. Le grillon domestique pose un problème différent : établi dans un local chauffé (chaufferie, sous-sol d’immeuble, arrière-boutique), il s’y reproduit toute l’année. Ces insectes ne piquent pas et ne transmettent aucune maladie ; la nuisance est surtout sonore, avec parfois de légers dommages aux tissus et aux papiers.
La prévention passe par l’étanchéité et par l’assèchement. On calfeutre les fissures de fondation, on ajoute des coupe-bise sous les portes de garage et de service, on répare les moustiquaires et on grillage les soupiraux et les évents. À l’extérieur, on tond la bordure du bâtiment, on éloigne du mur le paillis, les tas de bois et les débris végétaux, et on réduit l’éclairage qui attire les adultes le soir. À l’intérieur, un déshumidificateur au sous-sol rend le milieu bien moins accueillant.
En intervention, le technicien localise d’abord la source : quelques individus égarés à l’automne n’appellent pas le même traitement qu’une population installée dans une chaufferie. L’inspection couvre le périmètre, les zones humides et les locaux chauffés. Le traitement combine correctifs physiques, application ciblée aux points d’entrée et au périmètre, parfois des pièges collants pour suivre l’évolution, puis une visite de contrôle.
Espèces apparentées
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