Mille-pattes
Le mille-pattes, ou diplopode, est un myriapode au corps cylindrique et segmenté qui avance lentement, par ondulations, dans la litière de feuilles, le paillis et le bois en décomposition. Contrairement à ce que laisse croire son nom, il ne porte pas mille pattes : selon les espèces, on en compte de quelques dizaines à quelques centaines, réparties à raison de deux paires par segment. C’est précisément ce détail qui le sépare du centipède et de la scutigère véloce, qui n’en portent qu’une seule paire par segment. Le mille-pattes ne mord pas, n’est pas venimeux et ne s’attaque à aucun matériau de la maison : c’est un décomposeur utile au jardin, qui ne devient un problème que lorsqu’il migre en grand nombre vers les sous-sols.

Physionomie
- Corps cylindrique et segmenté, brun foncé à noirâtre, souvent lustré
- Deux paires de pattes sur la plupart des segments, contre une seule chez les centipèdes
- Pattes courtes, placées sous le corps et peu visibles vu de dessus
- Antennes courtes et tête arrondie, sans crochets venimeux
- Longueur de quelques centimètres chez les espèces observées autour des maisons
Comportement
- Il se déplace lentement, en ondulant, sans jamais chercher à détaler
- Dérangé, il s’enroule en spirale serrée, la tête au centre
- Il peut libérer une sécrétion défensive odorante qui tache et irrite parfois la peau
- Nocturne, il fuit la lumière et les surfaces sèches
- Il ne mord pas, ne pique pas et ne transmet aucune maladie
Mode de vie
- Il vit dehors, dans le sol, la litière de feuilles, le paillis et le bois pourri
- Il a besoin d’une humidité constante et se déshydrate rapidement à l’intérieur
- Les migrations vers les bâtiments suivent surtout les fortes pluies et arrivent souvent à l’automne
- Il ne se reproduit pas dans une maison : les individus entrés y meurent en peu de temps
- On le retrouve fréquemment mort et enroulé le long des plinthes, près des drains et des puisards
Alimentation
- Matière végétale morte : feuilles, aiguilles, débris de bois en décomposition
- Champignons et moisissures présents dans la litière humide
- Occasionnellement, racines et jeunes pousses tendres des plates-bandes
- Aucun textile, bois de charpente ni denrée du garde-manger
COMPRENDRE, PRÉVENIR, INTERVENIR
La première difficulté avec le mille-pattes est l’identification. Au Québec, beaucoup de gens appellent « mille-pattes de maison » la scutigère véloce, cet arthropode gris à très longues pattes qui court sur les murs des salles de bain. Ce n’est pas le même animal. La scutigère et les centipèdes sont des chilopodes : une seule paire de pattes par segment, déplacement rapide et forcipules, des crochets venimeux qui leur servent à chasser. Le vrai mille-pattes est un diplopode : deux paires de pattes par segment, corps cylindrique, marche lente et ondulante, aucun crochet venimeux. Il ne mord pas, ne pique pas et ne transmet aucune maladie. Sa seule défense est de s’enrouler en spirale et d’émettre une sécrétion odorante qui peut tacher ou irriter légèrement la peau.
Dehors, le mille-pattes est un allié : il décompose les feuilles et le bois mort et participe à la formation de l’humus. Il entre dans les bâtiments quand son milieu devient invivable, après de fortes pluies ou lors des déplacements de fin de saison. La prévention consiste donc à assécher le pourtour de la maison : dégager de la fondation le paillis, les feuilles et le bois de chauffage, corriger le drainage et les gouttières, calfeutrer les fissures et les seuils de porte, et faire fonctionner un déshumidificateur au sous-sol.
Parce qu’il ne se reproduit pas à l’intérieur, une pulvérisation d’insecticide dans les pièces règle rarement le problème. Une inspection professionnelle vise plutôt à repérer les sources d’humidité et les points d’entrée, puis à traiter en périmètre autour du bâtiment. Le technicien confirme d’abord l’identification, car la marche à suivre diffère selon qu’il s’agit d’un diplopode, d’une scutigère ou d’un cloporte.
Espèces apparentées
Demander une soumission
Besoin d’aide? Nous sommes là!
Un technicien certifié évalue votre situation et vous propose un plan d’intervention adapté.



