Collembole
Le collembole est un minuscule hexapode que l’on découvre le plus souvent au sous-sol, dans la salle de bain, autour d’un drain de plancher ou dans le terreau des plantes d’intérieur. Sa réputation vient de sa façon de se déplacer : dérangé, il disparaît d’un bond grâce à une petite fourche repliée sous son abdomen, ce qui le fait presque toujours prendre pour une puce. Il est pourtant totalement inoffensif : il ne pique pas, ne mord pas et ne transmet aucune maladie. Ce qu’il révèle mérite en revanche toute votre attention. Le collembole a besoin d’air humide pour survivre, et son apparition en nombre dans une maison québécoise signale presque toujours un excès d’humidité, une infiltration ou un début de moisissure.

Physionomie
- Rarement plus de 3 mm de long, souvent bien moins
- Corps allongé ou globuleux selon l’espèce
- Coloration variable : blanchâtre, grisâtre, brunâtre ou presque noire
- Furca, une fourche repliée sous l’abdomen, qui lui sert de ressort
- Six pattes, des antennes courtes visibles et jamais d’ailes
Comportement
- Bondit brusquement dès qu’on l’approche, mais ne vole pas
- Recherche l’obscurité et les surfaces constamment humides
- Peut apparaître par centaines d’un coup, puis disparaître aussi vite
- Ne pique pas, ne mord pas et ne transmet aucune maladie
- Meurt rapidement dans un air sec, faute de retenir son eau
Mode de vie
- Vit normalement dans le sol, la litière de feuilles et le bois en décomposition
- Entre dans la maison par les fissures, les drains et le terreau des plantes
- S’installe là où l’eau stagne : vide sanitaire, sous-sol, joints de douche
- Se multiplie très vite lorsque l’humidité ambiante reste élevée
- Continue de muer toute sa vie, sans passer par une métamorphose
Alimentation
- Se nourrit surtout de moisissures et de champignons microscopiques
- Consomme les débris végétaux en décomposition
- Broute les algues et les micro-organismes des surfaces humides
- Ne s’attaque ni au bois de charpente, ni aux textiles, ni aux réserves alimentaires
- Ne se nourrit jamais de sang, contrairement à la puce
COMPRENDRE, PRÉVENIR, INTERVENIR
Dans les maisons québécoises, le collembole se manifeste surtout au printemps et pendant les périodes de pluie, quand le sol se gorge d’eau et que les sous-sols deviennent humides. On le retrouve près des drains de plancher, sous les bacs de douche, derrière les cuves de lavage ou dans les vides sanitaires mal ventilés. Il ne cause aucun dommage au bâtiment et ne présente aucun risque pour la santé. Sa vraie signification est ailleurs : là où il prolifère, il y a de l’eau qui ne devrait pas être là, et souvent des moisissures qui l’accompagnent.
Le contrôle passe donc par l’humidité, pas par l’insecticide. Réparez les fuites, les joints de silicone défaits et les infiltrations de fondation, faites fonctionner le ventilateur de la salle de bain, utilisez un déshumidificateur au sous-sol et surveillez le taux d’humidité ambiante. À l’extérieur, éloignez le paillis, les feuilles mortes et le bois humide des fondations, et dirigez les gouttières loin de la maison. Arrosez aussi plus modérément les plantes d’intérieur.
Si les collemboles reviennent malgré ces correctifs, une inspection permet de remonter à la source : point d’infiltration, condensation, drain défectueux ou matériau resté mouillé derrière une finition. Le technicien confirme d’abord l’identification, ce qui évite de traiter à tort pour des puces, puis cible les zones de reproduction. Un traitement peut réduire rapidement les populations visibles, mais le résultat ne tient dans le temps que si la cause d’humidité est corrigée.
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