Cloporte
Le cloporte n’est pas un insecte mais un crustacé terrestre. Utile au jardin pour décomposer la matière organique, il devient une nuisance lorsqu’il s’invite à l’intérieur. Sa présence dans un sous-sol, un garage, une salle de bain ou près d’une porte-patio au niveau du sol indique presque toujours un excès d’humidité, un contact bois-sol, un drain inefficace ou une ventilation déficiente. Au Québec, on en observe surtout au printemps et à l’automne, lors des pointes d’humidité ou après des pluies abondantes. Le cloporte ne pique pas, ne transmet pas de maladie et ne détériore pas les matériaux; c’est un signal d’alarme environnemental, pas un danger en soi.

Physionomie
- Crustacé terrestre d’environ 1 à 2 cm au corps ovale, aplati et segmenté
- Coloration grise à brunâtre, parfois presque noire
- Sept paires de pattes semblables et deux paires d’antennes, dont une seule bien visible
- Carapace rigide formée de plaques articulées rappelant une armure
Comportement
- Nocturne, il fuit la lumière et recherche l’obscurité et l’humidité
- Se regroupe sous les pierres, le bois mort, les pots et les débris végétaux
- Certaines espèces se roulent en boule lorsqu’elles sont dérangées
- Ne pique pas, ne mord pas et ne transmet aucune maladie
- Se déplace lentement et se dessèche rapidement dans un environnement sec
Mode de vie
- Respire à l’aide de branchies modifiées qui exigent une humidité constante
- La femelle transporte ses œufs dans une poche ventrale, où les jeunes se développent après l’éclosion
- Actif surtout au printemps et à l’automne au Québec, lors des pointes d’humidité
- Vit en groupes dans les microhabitats humides : vides sanitaires, sous-sols, dessous de paillis
Alimentation
- Végétaux en décomposition : feuilles mortes, bois pourri, débris de jardin
- Matière organique présente dans les sols humides
- Moisissures et matières végétales détrempées
- S’attaque parfois aux jeunes pousses ou aux fruits mûrs en contact avec le sol

COMPRENDRE, PRÉVENIR, INTERVENIR
Le cloporte est un symptôme. Les erreurs courantes : pulvériser des insecticides à l’intérieur (inefficaces et inutiles), boucher les fissures sans corriger l’humidité, ignorer les sources extérieures (paillis épais collé à la fondation, bois entreposé à même le sol). La démarche gagnante, au Québec, consiste à assécher et couper les relais humides : déshumidificateur réglé entre 45 et 50 % d’HR dans les sous-sols, ventilation adéquate des salles d’eau, isolation des surfaces froides, réparation des fuites et joints de douche, drainage extérieur (pente du terrain, rallonges de descentes pluviales), écarter le paillis et la terre de la fondation, surélever le bois et les cartons, nettoyer les drains de plancher peu utilisés (rajouter de l’eau dans les siphons). Le colmatage des points d’entrée (mastic, seuils, moustiquaires de soupirail) vient après la correction de l’humidité, sinon les intrusions se déplacent. Une visite professionnelle peut confirmer les causes (infiltration par fissure, remontée capillaire, absence de coupe-vapeur) et recommander les priorités d’assainissement. La plupart des situations se résolvent sans traitement chimique lorsque l’environnement est corrigé.
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