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Musaraigne

La musaraigne n’est pas un rongeur : c’est un petit mammifère insectivore, plus proche de la taupe que de la souris. Au Québec, plusieurs espèces vivent dans les champs, les boisés et les jardins, où elles consomment des quantités impressionnantes d’insectes, de vers et de limaces. Son métabolisme est si rapide qu’elle doit manger presque sans arrêt et qu’elle ne survit que très peu de temps sans nourriture. C’est d’ailleurs ce qui l’amène parfois à l’intérieur : elle suit les insectes et la chaleur, se glisse par une fissure de fondation et se retrouve piégée dans un garage ou un sous-sol qu’elle n’a pas vraiment choisi.

Musaraigne

Physionomie

  • Museau long et pointu, très mobile
  • Yeux minuscules et oreilles presque entièrement cachées dans le pelage
  • Pelage court, dense et velouté, gris foncé à brun-noir
  • Queue courte par rapport au corps, contrairement à celle de la souris
  • Grande musaraigne mesurant environ 11 à 15 cm, queue comprise

Comportement

  • Active toute l’année, de jour comme de nuit, sans hibernation
  • Solitaire et territoriale, elle tolère mal ses congénères
  • Creuse des galeries et circule sous la neige durant l’hiver
  • Vue faible : elle se guide surtout à l’odorat, au toucher et aux ultrasons
  • Dégage une odeur musquée marquée qui rebute plusieurs prédateurs

Mode de vie

  • Vit dans les champs, les boisés, les haies et les jardins
  • Entre dans les bâtiments par de très petites ouvertures des fondations
  • Cherche l’abri et les proies dans les garages, sous-sols et remises
  • Plusieurs portées par année, du printemps à la fin de l’été
  • Espérance de vie courte, de l’ordre d’une année ou deux

Alimentation

  • Insectivore : insectes, larves, vers de terre, limaces et escargots
  • Peut consommer chaque jour l’équivalent de son propre poids
  • S’attaque à l’occasion à de petits rongeurs et à de jeunes proies
  • La grande musaraigne paralyse ses proies grâce à une salive toxique
  • Ne s’attaque pas aux denrées du garde-manger, contrairement à la souris
COMPRENDRE, PRÉVENIR, INTERVENIR

Au Québec, la musaraigne est un animal utile qui passe l’essentiel de sa vie dehors, à réguler les populations d’insectes et de limaces. Elle s’invite surtout dans les maisons de banlieue et de campagne, à l’automne et pendant les grands froids, en profitant d’une fissure de fondation, d’un contour de tuyau mal scellé ou d’un seuil de porte usé. Elle ne ronge pas les fils, ne perce pas les matériaux et ne pille pas le garde-manger. Les vrais désagréments sont sa morsure, douloureuse si on tente de la saisir, l’odeur musquée qu’elle laisse et le risque qu’elle meure dans un recoin inaccessible.

La prévention est d’abord une question d’étanchéité et d’environnement immédiat. Scellez les fissures de fondation et les passages de tuyaux, installez des coupe-froid sous les portes et grillagez les soupiraux et les sorties d’air. Autour de la maison, tondez les hautes herbes, éloignez les tas de bois, de pierres et de feuilles mortes, et limitez le paillis épais contre les murs : moins il y a d’abris et d’insectes, moins la musaraigne s’approche.

Quand un individu se trouve déjà à l’intérieur, il faut éviter de le manipuler. Une intervention professionnelle permet d’identifier l’espèce, de localiser les points d’entrée, de capturer l’animal et de sceller durablement les accès. Les poisons pour rongeurs ne sont pas conçus pour elle et font courir un risque inutile aux animaux domestiques et à la faune. Un contrôle du bâtiment et un suivi après l’intervention permettent de vérifier que la situation ne se répète pas à la saison suivante.

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